GBU-38 JDAM
Informations clés
| Catégorie | Bombe guidée |
| Sous-type | Munition guidée de précision |
| Pays d'origine | 🇺🇸 États-Unis |
| Fabricant | Boeing |
| Statut | In service |
| Année de mise en service | 1997 |
| Nombre construit | 550000 unités |
| Prix unitaire moyen estimé | $0,0 millions |
Spécifications techniques
| Ogive | General-purpose Bomb |
| Poids de l'ogive | 89 kg (196 lb) |
| Guidage | GPS, Inertial, Laser |
| Poids | 227 kg (500 lb) |
| CEP | 5 m |
| Portée | 80 km (50 mi) |
Operators
Description
La GBU-38 est un kit de guidage transformant les bombes lisses conventionnelles en munitions de précision tout temps. Son développement découle d'un besoin exprimé en 1992 pour une arme de précision capable d'opérer par conditions météorologiques défavorables suite à la guerre du Golfe, où la fumée, la poussière et la couverture nuageuse avaient fréquemment dégradé les performances des systèmes à guidage laser. Les essais initiaux se sont déroulés sur la base aérienne d'Eglin, menant au premier largage réussi d'une arme guidée par GPS en février 1993. Le système est entré en service opérationnel à la fin des années 1990, succédant à la munition intermédiaire GAM (GPS Aided Munition).
Le système se compose d'un empennage doté de gouvernes aérodynamiques, de kits de bandes de guidage (strakes) fixés au corps de la bombe, et d'une unité de guidage combinant une centrale inertielle (INS) et un récepteur GPS. La désignation GBU-38 s'applique à la classe de poids nominal de 500 livres (227 kg), utilisant des corps de bombe tels que les Mark 82, BLU-111, BLU-126/B ou BLU-129/B. Le guidage est autonome après le largage ; l'arme navigue vers des coordonnées chargées avant le décollage, saisies manuellement par l'équipage ou transmises par liaison de données via une nacelle de désignation. Cette configuration permet une capacité de type « tire et oublie » ainsi qu'une zone d'engagement étendue, autorisant des largages hors axe. Les trajectoires de vol peuvent être programmées pour imposer des angles d'impact et des caps spécifiques afin de maximiser l'efficacité de la charge militaire ou la pénétration. Les variantes incluent la Laser JDAM, qui intègre un autodirecteur laser frontal pour l'engagement de cibles mobiles, et la JDAM-ER, équipée d'un kit d'ailes pour augmenter la distance de sécurité (stand-off). Une variante spécialisée baptisée « Quicksink » est également employée pour la lutte antinavire, utilisant un dispositif de détection de cible pour déclencher la détonation à proximité des navires.
Cette arme est largement déployée et a été exportée vers de nombreux pays, dont l'Australie, l'Israël, l'Allemagne, la Corée du Sud, l'Italie et l'Ukraine. Elle a fait ses débuts au combat en 1999 lors de l'opération Allied Force, employée par des bombardiers B-2 Spirit. Elle a ensuite été utilisée lors des opérations en Afghanistan et en Irak. En 2001, un incident de tir fratricide est survenu en Afghanistan lorsqu'une erreur technique liée au remplacement de la batterie d'un récepteur GPS a conduit l'arme à frapper les coordonnées de l'opérateur lui-même. Plus récemment, le système a été utilisé lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et par les forces israéliennes lors de frappes à Gaza et au Liban. Les rapports opérationnels en provenance d'Ukraine indiquent que le système est vulnérable à la guerre électronique, plus particulièrement au brouillage GPS. Pour contrer ces perturbations, des versions ont été développées avec un signal chiffré (M-code) et des autodirecteurs de type « Home-on-Jam », conçus pour poursuivre et frapper les sources de brouillage électronique.