Forces militaires de Nouvelle-Calédonie 🇳🇨
Vue d'ensemble des forces militaires
Pour aller plus loin
- Livres d'histoire militaire de Nouvelle-Calédonie
- Forces armées et défense de Nouvelle-Calédonie
- Puissance militaire mondiale et géopolitique
En tant que Partenaire Amazon, nous pouvons percevoir une rémunération sur les achats éligibles.
Statistiques clés
| Population | 285214 (2021) |
| PIB | $10,1 milliards (2021) |
| PIB par habitant | $35312 (2021) |
| Taux d'inflation | 0,58% (2016) |
Vue stratégique en 2026
Position stratégique
La Nouvelle-Calédonie est une collectivité d'outre-mer française dotée d'un statut sui generis qui confère à l'État français une autorité exclusive sur les compétences régaliennes : défense, justice et sécurité intérieure. Situé dans le sud-ouest de l'océan Pacifique, le territoire constitue la pierre angulaire de la stratégie indopacifique de la France, permettant la protection d'une zone économique exclusive (ZEE) de plus de 1,4 million de kilomètres carrés.
Les principaux enjeux de sécurité concernent le maintien de l'intégrité territoriale, la surveillance des ressources maritimes contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ainsi que l'aide humanitaire et les secours en cas de catastrophe (HADR) dans le Pacifique Sud. À la suite des troubles civils de la mi-2024, la sécurité intérieure et la préservation de l'ordre public sont devenues des priorités stratégiques accrues.
La France participe aux accords FRANZ aux côtés de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande pour coordonner les interventions régionales en cas de catastrophe. Elle s'engage également au sein du « Pacific Quad » avec les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour surveiller les activités maritimes dans la région. La coopération militaire bilatérale avec l'Australie, formalisée par diverses feuilles de route, inclut une participation conjointe à des exercices tels que Pitch Black, Kakadu et Talisman Sabre. L'« Accord de Bougival » de juillet 2025 a établi le cadre d'une transition vers un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République française, avec un référendum prévu pour 2026. En vertu de cet accord, la France conserve le contrôle souverain de la défense et de la politique étrangère.
Forces militaires
Les Forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) constituent un commandement interarmées placé sous l'autorité d'un commandant supérieur (COMSUP FANC), généralement un général de brigade basé à Nouméa. Cette force constitue le principal pivot militaire français dans le Pacifique, travaillant de concert avec les forces de Polynésie française.
Les FANC comprennent environ 1 750 à 2 000 personnels permanents et en mission de courte durée (MCD), répartis par composante :
Forces terrestres La composante terrestre est centrée sur le Régiment d'infanterie de marine du Pacifique - Nouvelle-Calédonie (RIMaP-NC), dont l'état-major est à Plum, avec des emprises supplémentaires à Nouméa et Nandaï. Le régiment compte environ 700 personnels, dont environ 80 % sont en mission de courte durée (quatre mois) en provenance de métropole. L'unité maintient des capacités de combat amphibie et en milieu équatorial adaptées au terrain régional.
Forces navales Basée à la base navale de la Pointe Chaleix à Nouméa, la composante navale se concentre sur les patrouilles de souveraineté et la surveillance maritime. La flotte met en œuvre une frégate de surveillance de classe Floréal, le Vendémiaire, et un bâtiment de soutien et d'assistance outre-mer (BSAOM) de classe d'Entrecasteaux. Dans le cadre d'un programme de modernisation, la marine déploie des patrouilleurs d'outre-mer (POM) de classe Félix Éboué, dont la deuxième unité, le Jean Tranape, doit être mise en service en 2026. La composante dispose également d'un engin de débarquement amphibie standard (EDA-S) pour le soutien logistique et les opérations amphibies.
Forces aériennes La composante aérienne est basée sur la base aérienne 186 (BA 186) « Lieutenant Paul Klein » à Tontouta. La dotation comprend des avions de transport tactique CN235 et des hélicoptères Puma. Les moyens de l'aéronautique navale assurent la surveillance maritime et les missions de recherche et sauvetage (SAR) ; ils sont actuellement en phase de transition, les Falcon 200 Gardian étant remplacés par des Falcon 50, puis à terme par des Falcon 2000 Albatros. Des hélicoptères Dauphin sont utilisés pour les opérations embarquées.
Forces paramilitaires La Gendarmerie nationale maintient une présence substantielle pour la sécurité intérieure et l'ordre public. Les effectifs permanents s'élèvent à environ 850 personnels, bien que ce chiffre ait été porté à plus de 3 000 lors de la crise sécuritaire de 2024-2025. La Gendarmerie met en œuvre des véhicules blindés de maintien de l'ordre (VBMO) Centaure et des hélicoptères Écureuil.
Tendances stratégiques
La posture de défense actuelle est définie par une orientation vers la stabilisation interne à long terme suite aux troubles de 2024. Cela a conduit à une augmentation durable des déploiements de la Gendarmerie et au stationnement permanent de moyens spécialisés de maintien de l'ordre. Les efforts de modernisation se concentrent sur le domaine maritime, notamment avec l'arrivée des patrouilleurs POM conçus pour accroître l'autonomie et la permanence des patrouilles de souveraineté dans la ZEE.
La France développe également l'« Académie du Pacifique » (anciennement Centre de formation des cadres du Pacifique) en Nouvelle-Calédonie, destinée à devenir un pôle régional pour la formation des cadres militaires et de sécurité intérieure des États insulaires voisins. Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large visant à contrer les influences étrangères — notamment chinoises et russes — et à professionnaliser les forces de sécurité régionales. La défense demeure une fonction centralisée de l'État français, sans projet actuel de développement d'une base industrielle de défense locale ; le territoire reste entièrement dépendant de la métropole pour l'acquisition et la maintenance des équipements.
Population et personnel militaire
PIB et taux d'inflation
Dépenses militaires : SIPRI Milex.